die unglaubliche geschichte des herrn topowski

Terril: Monsieur Topowski se souvient

Odeur des poussières

Qui voit passer le temps ? À quoi ressemble l’éraflure de sa brûlure sur nos tempes ? À des gouttes d’eau ? À de l’oubli, de l’amertume ? À de l’indifférence ? À la vieille peur de mourir et à son cortège de bleus à l’âme ? À la lente inclinaison de mes épaules vers la terre ? Qui voit» » »

Promenade en boucle

« Ma vie est pleine de trous. » Ma mère me lance cette phrase en pleine figure. Comme ça, mine de rien. Histoire de. Elle hoche la tête d’un air mi figue mi raisin et me défie du regard. Puis elle regarde loin, très loin, j’essaie de suivre la vague de son regard. Jusqu’où va-t-elle ainsi dépliant» » »

Parole d’oiseau

Parfois on me reproche mon air absent. Je pourrais répondre que je suis ailleurs. On me demanderait où ? Les gens qui nous aiment ne lâchent pas le morceau jusqu’à ce qu’ils obtiennent une réponse. Est-ce qu’ils écoutent vraiment cette réponse ou juste le bruit qu’elle fait dans leur oreille. Ils veulent le bruit d’une réponse» » »

Jour J comme les autres

Les visages sont gris. Les cailloux sont gris. Le ciel est gris. La lumière est grise, légèrement friable. Je m’en sors comme ça, en retenant mon souffle. Mains dans les poches. En parlant peu, bougeant à peine, comme ça, mine de rien. Du coup, toute cette grisaille je l’avale, je la digère, elle finit en» » »

Une beauté en robe de chambre

Je la vois. Blanche. En robe de chambre. Elle a 17 ans. Vêtue de sa robe de chambre, elle s’assied, s’accroupit, s’adosse à la porte d’entrée dans le jardin de ses parents. Elle lit. Le facteur lui a apporté une lettre. Elle n’est pas de moi. Si seulement elle était de moi ! Je ne lui ai» » »

Le stationnement

Le Sauveur est suspendu à un calvaire. Il n’a pas l’air de ce monde. Le calvaire abrite un écriteau ; l’écriteau héberge une inscription : « Oh, Christ, véritable témoin des batailles les plus violentes, délivre-nous des combats quotidiens qui nous tiraillent tous, nous et nos prochains. Merci. » C’est alors que trébuche un ivrogne matinal, en chemin pour» » »

Dans le grand courant d’air

C’est aujourd’hui. C’est le jour où je vais ramper vers une destination dont je ne sais rien. Des mots. Des êtres. Des paysages. J’ai peur. J’ai envie. J’ai faim de quelque chose, quoi, je ne sais pas. Je vais me perdre jusqu’en bas des visages et des présences. Juste en dessous de la ligne de» » »

Absence de temps

Il fait un temps absent. Ou, comme il n’y a en fait pas de véritable absence totale de temps, il règne tout du moins dans l’air, l’espace et les environs villageois-provinciaux avec leurs bâtisses en brique une transparence agaçante. Le temps est impassible, informe, ce qui souligne le caractère théâtral de la rue. Je me» » »